Serrures et cylindres

Organigramme de clés : passe général et passes partiels

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Organigramme de clés : passe général et passes partiels

Un organigramme de clés range les cylindres d’un bâtiment dans une hiérarchie : la clé individuelle n’ouvre que sa porte, le passe partiel ouvre un étage ou un service, le passe général ouvre l’ensemble. Le serrurier le dessine avec un fabricant de cylindres, à partir d’un plan de fermeture, et protège les clés par une carte de propriété.

Les niveaux d’un organigramme de clés, du passe général à la clé de bureau

Le principe tient en une phrase : chaque porte reçoit un cylindre qui accepte sa propre clé et celles des passes placés au-dessus d’elle, et aucune autre. La serrure ne change pas, seul le cylindre est codé pour reconnaître plusieurs combinaisons. Un bureau du deuxième étage s’ouvre donc avec la clé de son occupant, avec le passe de l’étage et avec le passe général, mais jamais avec la clé du bureau voisin.

Les niveaux se lisent de haut en bas :

  • Le passe général ouvre toutes les portes intégrées au système. Il se limite à quelques exemplaires, confiés à la direction, au gestionnaire ou au syndic.
  • Les passes partiels ouvrent une branche et rien au-delà : un étage, un service, l’ensemble des locaux techniques. Le passe du deuxième étage reste sans effet au troisième.
  • Les clés individuelles n’ouvrent que leur porte, bureau, logement ou local, plus les accès communs prévus au plan.
  • Les cylindres s’entrouvrant, dits aussi de même variure, acceptent tous la même clé, sans hiérarchie entre eux : les salles de cours d’un même couloir, par exemple.

Sur un campus, un hôpital ou un grand hôtel, la pyramide gagne des étages : passe de bâtiment, passe de niveau, passe de service. Le fonctionnement interne du cylindre, goupilles et formats, relève du guide des types de serrures et de cylindres.

Le plan de fermeture, les clés protégées et la carte de propriété

Rien ne se commande sans plan de fermeture. Ce tableau croise les portes, en lignes, et les clés, en colonnes : une croix marque chaque porte qu’une clé doit ouvrir. Établi avec le responsable du site avant tout achat, il devient le document de référence de l’installation. Pour chaque porte, il précise au minimum :

  • son repère : bâtiment, niveau, numéro de local ;
  • le type de cylindre, double entrée, demi-cylindre pour un local technique ou une armoire, ou modèle à bouton ;
  • les cotes de chaque côté, relevées comme pour un remplacement de cylindre ;
  • le nombre d’exemplaires attendus pour chaque clé et chaque passe.

Couloir de bureaux aux portes en bois clair fermées, chacune équipée de son cylindre chromé

Les clés d’un organigramme sont presque toujours des clés protégées. Leur profil, propre à un fabricant et couvert par un brevet, ne se trouve pas chez un reproducteur de clés de quartier. Toute copie passe par le fabricant, en direct ou par un serrurier ou revendeur habilité, sur présentation de la carte de propriété remise avec l’installation. Ce document porte le numéro qui identifie la combinaison : son titulaire, gestionnaire ou direction, est le seul à pouvoir commander un double.

Sur certaines gammes de haute sécurité, un fabricant de cylindres annonce même une reproduction faite uniquement en usine. La carte se range à part, jamais dans le trousseau qu’elle protège, et le plan de fermeture avec elle.

Tenir l’organigramme à jour : savoir qui détient quelle clé

À la remise des clés, plan et réalité coïncident. Puis les passes circulent : un agent d’entretien remplace un collègue, un prestataire garde la clé de la chaufferie le temps d’un chantier. La hiérarchie fixe qui peut ouvrir chaque porte ; elle ne dit pas qui a en poche, ce jeudi après-midi, le passe partiel du deuxième étage.

Dès que trousseaux et utilisateurs se comptent en dizaines, répondre à cette question devient un travail à part entière. Un suivi électronique des clés donne alors à un organigramme de clés la mémoire qui lui manque : rangés dans une armoire pilotée par une informatique embarquée, les passes ne sortent que pour les personnes habilitées, après lecture d’un badge, saisie d’un code personnel ou contrôle biométrique. Chaque emprunt et chaque restitution s’inscrivent dans un historique, et le gestionnaire est averti si un passe manque à l’appel après l’horaire de retour prévu. La hiérarchie mécanique garde son rôle, décider qui ouvre quoi ; ce suivi y ajoute le qui, le quand et le retour, et garde le plan de fermeture fidèle à la vie du site.

Les règles de la maison y gagnent du poids. Un passe général qui doit regagner l’armoire avant la fermeture du soir, une clé de salle serveur ouverte à deux personnes nommément désignées, un historique à relire quand un service change de périmètre : autant de décisions qui s’appuient sur des faits datés plutôt que sur la mémoire de chacun.

Quelques règles de base complètent le dispositif. Les passes généraux restent peu nombreux et nominatifs. L’inventaire de chaque niveau se rapproche du plan de fermeture une fois par an. Les clés se récupèrent au départ de chaque salarié ou prestataire. Un passe qui disparaît malgré tout relève d’une autre démarche, qui touche aux cylindres de toute sa branche.

Main tenant un trousseau de passes sur un grand anneau d’acier devant la porte grise d’un local technique

Qui conçoit un organigramme, et pour quels bâtiments

La conception revient au serrurier, en lien étroit avec un fabricant de cylindres. Le serrurier recense les portes et les utilisateurs, traduit l’organisation du site en niveaux et rédige le plan de fermeture avec le responsable des lieux. Un fabricant de cylindres attribue ensuite les combinaisons, produit cylindres et clés, puis remet les cartes de propriété. Ce choix engage pour longtemps : chaque système repose sur un profil de clé propre, et les cylindres ajoutés plus tard viendront de la même usine.

Le niveau des cylindres se choisit porte par porte. La norme NF EN 1303, dont l’édition de mai 2026, en vigueur selon l’AFNOR, s’intitule désormais « cylindres de serrures et systèmes de fermeture mécaniques », encadre leurs exigences et leurs méthodes d’essai. Pour une entrée exposée ou un local à valeur, la certification A2P du CNPP apporte un repère de plus : l’organisme précise que chaque référence de produit est certifiée individuellement, ce qui se vérifie sur le marquage et sur sa liste officielle. Les repères de lecture de la certification A2P aident à placer le bon niveau aux bons endroits.

Un organigramme se justifie dès que plusieurs personnes doivent ouvrir des portes différentes d’un même ensemble. Quatre situations reviennent :

  • L’immeuble d’habitation, avec sa combinaison centrale : la clé de chaque logement ouvre aussi le hall, le local vélos et les caves, sans ouvrir la porte du voisin.
  • Le commerce à plusieurs accès, où la réserve, la caisse et le bureau n’ont pas les mêmes ayants droit que la porte du personnel.
  • L’entreprise, où la direction détient le passe général, chaque responsable le passe de son service, chaque salarié sa clé, tandis que salle serveur et archives restent hors des passes partiels.
  • L’établissement, école, hôtel ou résidence pour personnes âgées, qui combine cylindres s’entrouvrant pour les salles courantes et passes d’étage pour l’entretien.

À l’inverse, une maison ou un petit local à deux ou trois portes se contente souvent de cylindres s’entrouvrant : une seule clé, sans hiérarchie à gérer.

Faire évoluer l’organigramme sans le refaire

Un organigramme vieillit au rythme des réorganisations. Pour tenir, il se conçoit avec une réserve de combinaisons : des clés et des cylindres non attribués, une branche vide pour un futur service, une marge pour une aile en projet. Un bâtiment ajouté sans réserve finit parfois équipé d’un second système, parallèle au premier.

Ajouter une porte suit un chemin court quand la réserve existe. Le serrurier repère la porte sur le plan de fermeture, choisit la combinaison libre qui convient, relève les cotes du cylindre et passe commande auprès du fabricant d’origine, carte de propriété à l’appui. Le nouveau cylindre arrive codé pour s’ouvrir avec sa clé et avec les passes de sa branche : aucun passe en circulation n’est à retoucher.

Cylindres européens neufs en laiton alignés sur l’établi d’un serrurier, une clé posée devant chacun

Modifier un périmètre demande plus de soin. Déplacer un service d’un étage à l’autre change la liste des portes rattachées à chaque passe partiel, donc impose de remplacer des cylindres plutôt que des clés. Chaque retouche crée des interférences, ces clés qui ouvrent des portes rangées sous une autre branche, comme le passe de maintenance admis dans les locaux techniques de tous les étages. Au-delà de quelques exceptions, refondre la branche entière garde le système lisible.

L’entretien tient en trois gestes. Le plan de fermeture se met à jour à chaque changement, sans attendre l’inventaire annuel. Les cylindres des portes très sollicitées reçoivent un lubrifiant sec adapté et se remplacent à l’identique, même combinaison, dès qu’une clé accroche. Les cartes de propriété et le plan restent dans un même endroit sûr, connu d’au moins deux personnes.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un passe général et un passe partiel ?

Le passe général ouvre toutes les portes intégrées à l’organigramme et se confie à très peu de personnes : direction, gestionnaire ou syndic. Le passe partiel n’ouvre qu’une branche, un étage, un service ou les locaux techniques, et reste sans effet ailleurs. Un même cylindre accepte donc plusieurs clés : celle de son utilisateur, le passe partiel de sa branche et le passe général qui coiffe l’ensemble.

Qui peut faire refaire une clé d’organigramme ?

Le titulaire de la carte de propriété, en général le gestionnaire, le syndic ou la direction, ou une personne qu’il mandate. La commande passe par le fabricant des cylindres, directement ou via un serrurier ou un revendeur habilité, qui exige la carte. Un reproducteur de clés ordinaire ne dispose pas du profil protégé. Si la carte est égarée, le fabricant réclame des justificatifs d’identité et de titularité avant toute copie.

Que contient un plan de fermeture ?

Un tableau qui croise les portes et les clés. Chaque porte y figure avec son repère, sa localisation, le type de cylindre et ses cotes ; chaque clé ou passe occupe une colonne, avec le nombre d’exemplaires prévus, et une croix signale chaque porte qu’elle ouvre. Établi avant la commande, ce document sert ensuite de référence pour chaque ajout, chaque remplacement et l’inventaire des clés en circulation.

Comment ajouter une porte à un organigramme existant ?

Le serrurier repère la nouvelle porte sur le plan de fermeture et lui attribue une combinaison gardée en réserve dans la bonne branche. Il relève les cotes, puis commande la pièce au fabricant en présentant la carte de propriété. Le cylindre arrive codé pour sa clé et pour les passes situés au-dessus, sans toucher aux clés existantes. Faute de réserve, l’ajout peut imposer de recoder une partie de la branche.